Landscape illusion

06-28/03/2010

Line Dutoit-Choffet, Elisabetta Gendre, Jacques Kaufmann, Marta Gonzalez-Perez.

À nos yeux, aujourd’hui, qu’est-ce qu’un paysage?
La céramique actuelle, dans sa matérialité extrême, ne cache t-elle pas quelque chose d’enfoui en nous : la possibilité d’un jeu avec notre imaginaire, d’un questionnement sur la réalité de la perception, entre illusion et allusion, figuration et abstraction.
L’échelle, comme représentation intérieure du monde, est au centre de " Landscape illusion ".

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Line Dutoit-Choffet

« À la quête du papier porcelaine »
Depuis 2006, je poursuis un travail d’expression personnelle où j’expérimente les effets de la lumière sur le papier porcelaine (paperclay). J’ai réalisé une dizaine de lampes murales, formé d’une plaque de porcelaine à l’extrême finesse et d’une base en métal.

Pour ces appliques, je me suis réapproprié quelques classiques de l’histoire de la photographie avec un regard contemporain.

D’après le cliché original, j’ai réinterprété l’image sous la forme d’un décor, sur les deux faces de la plaque céramique, en exploitant le fait que l’image se transforme selon que la lumière soit allumée ou éteinte.
Sur ma plaque de paperclay (mélange de porcelaine de Limoges et de fibres de papier), je reporte mon dessin avec l’aide de plusieurs pochoirs selon la valeur de gris correspondante, comme pour la technique de la sérigraphie. Je transpose alors les nuances de l’image en travaillant l’épaisseur de la porcelaine. Plus la couche est fine, plus la surface illuminée est claire et translucide.
Plus la couche est dense, plus la zone est foncée. Je peux de la sorte reproduire une large gamme de valeurs, de la plus claire à la plus foncée. Ce travail s’inscrit dans la tradition de la lithophanie céramique.

Lorsque la lampe est éteinte (OFF), le décor se voit en bas-relief sur la surface extérieure de la plaque. Dès que la lampe est allumée (ON), la lumière diffusée en transparence dévoile l’intervention sur le verso de la plaque. Lors de l’exposition, le spectateur aura la possibilité d’allumer ou d’éteindre la lampe.

 

 

 

 

 

 

 

Elisabetta Gendre

« Un paysage quelconque est un état de l’âme ».
Amiel (Fragments d’un journal intime 1852)
Comme une araignée tisse sa toile, je construis avec des fils de terre, des paysages, évocateurs et imaginaires à la fois.
Ils racontent la poésie de certains lieux, un détail figé dans ma mémoire.
Ce travail est une invitation à l’évasion, au voyage….
.... Un fragment de mes rêveries.

 

 

 

 

 

Jacques Kaufmann

Illusion : en avoir (des), ou faire (avec)

Une illusion déstabilise mentalement celui qui en est l’objet: s’agit-il d’une erreur de perception ou d’interprétation, d’une fausse apparence ou d’une apparence dépourvue de réalité. L’idée que
quelque chose « trompe », comme une chimère, un leurre, mais aussi un rêve, une moquerie ou un jeu et cache potentiellement une réalité autre, renvoie à de l’imaginaire.

Je (me) suis trompé, mais finalement, autant que cela?
Je prends un certain plaisir dans ma tentative de discernement, dans ce le lieu où la tromperie ne trompe personne, espace du leurre d’où transpire une vérité possible.
Lorsque la notion de paysage renvoie à celle de paysage intérieur, les moyens à disposition sont de diverses natures: par le changement d’échelle, la mise en situation de figures archétypiques, par le contexte enfin qui concoure lui aussi au sens.
Dans ce paysage, il s’agit pour nous de prendre position en tant qu’êtres tendus entre 2 infinis : infimes et abyssaux, réels et imaginaires, c’est-à-dire simplement là où nous sommes.
Les petits personnages céramiques proviennent de la ville de Foxan, située à proximité de Canton (Chine). Les ateliers s’y sont spécialisés historiquement dans la fabrication de petits personnages, et les artisans travaillent en général à des scènes traditionnelles de l’iconographie chinoise: paysages de montagne, avec arbres et rivières, mais aussi scènes de la vie quotidienne, animaux. La répétition des gestes des artisans, le scénario maintes fois répété pour le façonnage qui d’un musicien, là d’un ivrogne, ou d’un batelier, font que nous sommes face à des figures archétypiques, et non pas psychologiques, deux catégories opposées de la sculpture, quelle qu’en soit l’échelle ou la provenance.
La tuile provient de Tokoname, au Japon. Trouvée dans un tas de déchets d’un atelier désaffecté, c’est presque immédiatement que tous les personnages qu’elle recèle ont émergé à mes yeux.
Il s’agit d’un enjeu classique : des formes préexistent au-delà, ou en deçà d’une volonté.
Musée de Sarguemine (F)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marta Gonzalez-Perez

Trabajar el barro es hablar con las manos. Me expreso a traves de mis piezas creando una nueva via de comunicacion no verbal con el espectador, un desconocido.
Para poder comprendernos, utilizo un lenguaje sencillo, sin apenas color, blanco y negro, para que nada desvie la atencion, y formas sencillas, limpias.
En “arqitecturas emergentes“ represento el mundo como yo lo veo, es una semilla que nos contiene a todos, en la que nacemos y morimos, pero de la que nosotros somos responsables, tanto de lo bueno como de lo malo, y es el espectador el encargado de cuidarla, de hacer la noche y el dia en la ciudad, de proteger su interior para que no se rompa.
La serie de murales representa paisajes, aprovecho lo que la naturaleza nos da, pequenas flores, hojas y ramas que bano en porcelana para que no se pierdan, las conservo vivas por siempre, aunque siguen siendo fragiles y vulnerables, como todo lo que nos rodea.